Lundi 7 janvier 2008

Une hospitalisation en milieu psychiatrique reste marquante, angoissante, agressive. 27 mois après, je me rappelle bien de mon séjour. J'étais angoissé, non pas de mon acte suicidaire, mais par les conditions d'hospitalisation (liberté de déplacement très limitée y compris celle de dire, de faire, de parler). Le patient est observé et c'est cela qui m'a en fait relativement perturbé, gêné. Toutes les manières de regarder, de parler, d'être regardé, de me parler, de nous (les patients) parler sont des communications qui permettent ou pas l'établissement de la relation. On éprouve de la méfiance, de l'antipathie lorsque un ou des professionnels de santé vous regarde de loin, de haut, de manière fuyante. Dans l'hopital où j'ai séjourné 7 jours, je fus marquer comme d'autres patients par les infirmiers qui restaient dans "leur tour d'ivoire", un bureau vitré.  Seule une infirmière venait fréquemment au contact des patients et prenait surtout le temps de discuter avec chacun d'eux. Elle avait des questions pertinentes que j'appréciais, invitant le patient à réfléchir sur tel ou tel point. Quant aux médecins, ils ne franchissaient jamais le réfectoire et la salle de télévision, c'est toujours un personnel médical qui venait nous chercher pour l'entretien. Les infirmiers comme les médecins ont surement des raisons par rapport à ce que je décris, mais la moindre des choses, c'est qu'ils l'expliquent, le disent simplement, modestement. Un patient en milieu psychiatrique reste un être humain.

Je reste perplexe quant à la démarche thérapeutique par la parole avec un psychiatre, un psychologue. Tout d'abord, il me semble que pour beaucoup de patients (je peux me tromper), on est méfiant du psychiatre d'autant plus qu'il n'explique pas son rôle, son champ d'intervention. On sait tout simplement qu'il est psychiatre. J'ai pu me rendre compte en observant, en parlant avec les autres patients du pouvoir qu'à le psychiatre "entre ses mains". Il peut à tout moment durcir l'hospitalisation, par exemple, passer du statut de malade hospitalisé librement à malade hospitalisé sous contrainte. J'ai aussi été surpris par le nombre de personnes mises sous tutelle.

Moins on en dit, mieux c'est pour le malade. Du moins, c'est ce que j'en retire car comme je le disais déjà dans un de mes précédents billets, tout est observé, analysé, marqué dans le dossier médical.

Par rapport à d'autres patients, j'avais la chance d'avoir une visite quotidienne de ma femme, rare lien avec le monde extérieur.

http://www.psychologue.fr/therapie.php  Sur le site Psychologue.fr, un psychologue, Sébastien Nocilas, décrit, suite aux nombreuses questions de des patients, le rôle d'un psychologue, d'un psychiatre, d'un psychotérapeute, d'un psychanalyste

 "informer le patient en psychiatrie"  http://books.google.com/books?hl=fr&id=McddBXwWjfsC&dq=informer+le+patient+role+de+chaque+intervenant&printsec=frontcover&source=web&ots=vPgbSJDtiv&sig=1t7kTP0Jw91dNPur2plkpjyPkiw

un site sur les angoisses, la peur   http://www.peur.org/angoisse.php

 

par brice publié dans : épuisement professionnel et milieu psychiatrique communauté : milieu psychiatrique
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