Vendredi 7 mars 2008

Je me permets de revenir sur les droits du patient et plus précisément sur le contenu du dossier médical. Comme je l'ai écrit dans un de mes billets, j'ai obtenu mon dossier médical et j'ai donc demandé au psychiatre de motiver le contenu de ce dossier ainsi que la lettre adressée à mon médecin traitant.

Ce médecin vient de me répondre qu'il n'avait ni le temps ni la disponibilité pour répondre aux questions que je lui posais dans mon courrier.

Ce témoignage prouve bien que certains médecins se croient au dessus des droits du patient.

Insatisfait de cette réponse, il va de soi que je saisis le médiateur de la commission des relations avec les usagers. Si vous avez été, vous aussi, victime d'un problème identique, faites le savoir dans mon blog, merci.

Par une telle réponse du médecin, une fois de plus, le milieu psychiatrique démontre son hostilité à la transparence, à la communication avec les patients. Mais pour qui se prennent-ils certains psychiatres ?

par brice publié dans : journal intime
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Vendredi 1 février 2008

 je vous livre ce que je ressens,  en repensant à ce que j'étais il y a quelques années et ce que je suis maintenant. J'en ressens le besoin d'écrire cela. Est-ce que ça me fera du bien ou pas ? je ne sais pas encore. Effectivement, je constate que je suis encore fragile et à certains moments, j'en ressens de la honte quant à cette fragilité.

Quand je repense, je me compare à ce que j'étais il y a encore 4/5 ans, je ne suis plus le même aujourd'hui. Je n'ai plus la même force, la même combativité face à un problème rencontré. Avant je le prenais à bras de corps et je je le menais jusqu'au bout, avec énergie, etc.... Maintenant je suis vite fatigué, un problème rencontré est une épreuve difficile, qui me fait peur. Je m'emporte vite, je vis mal et gère pas bien la situation, le problème rencontré. J'ai des envies de tout balancer, parfois de casser ce que j'ai sous la main, je m'énerve très facilement, je n'arrive plus à écouter ce qu'on me dit y compris ma femme, mon entourage.

Je suis très, très fatigué et surtout sur les jambes, ne parlons pas aussi des mauvaises nuits (mon sommeil s'est dégradé depuis des années) que je passe, dans ces moments là, je dévore des boites de crème marron et des pots de nuttela, je suis angoissé. Par moment, j'ai des idées noires surtout lorsque je me mets en colère, je me dis que je serai mieux dans un autre monde sans problème. Le président Sarkozy, sa manière d'être, sa politique m'angoissent, me font peur aussi, pour moi, il n'est pas digne de représenter la France et n'a pas un comportement serein, "normal" d'un président de la république.

Avant je m'occupais activement d'associations, je marchais, faisais du vélo, lisais beaucoup, avec ma femme, on partait souvent en weekend maintenant depuis 3 ans, plus rien, je reste beaucoup à la maison, enfermé, même aller faire les courses est une chose pas évidente pour moi. Je suis bien conscient de tout cela, que je me coupe de mon entourage, oh oui j'ai beaucoup perdu d'intérêt, de plaisir à ce que je faisais autrefois. J'ai l'impresseion de vivre au ralenti, en fait de compte, les journées sont plus longues, qu'elles font plus de 24heures. Je suis vite fatigué quand je fais quelque chose, (peindre les murs, lire, faire la cusine, les courses, y compris intellectuellement, etc...) Je n'ai plus la même mémoire qu'avant, la concentration aussi

Mes crises de migraine, mes ballonnements, le psoriasis sont, je peux me tromper, un signe de ma fatigue, des mes angoisses. Je me souviens encore il y a quelques années, le plaisir que je prenais à lire, à écrire, à partir en weekend avec ma femme, à faire les courses, à travailler, à manger, etc... Depuis 2/3 ans, je n'ai plus le même plaisir. Je suis hyper sensible, susceptible. Avant je ne pleurais pas, maintenant, je pleure.

C'est relativement dur de sortir indemme d'une dépression, d'un conflit professionnel. De nature discrète, je garde beaucoup pour moi mes pensées, mes ressentis.

par brice publié dans : journal intime
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Lundi 21 janvier 2008

Depuis  janvier 2008, 1231 visiteurs au 25 avril,  je vous en remercie. Faites tout votre possible pour laisser des commentaires (votre impression, votre point de vue sur la psychiatrie en France, votre témoignage de patients ou de professionnels de la santé).

Internet est un bon moyen pour informer, témoigner, échanger, de plus c'est dans l'anonymat, alors n'hésitez pas.

Au plaisir de vous lire, merci

par brice publié dans : journal intime
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Mercredi 16 janvier 2008

Il y a deux ans, j'ai été hospitalisé en milieu psychiatrique suite à une tentative de suicide par médicaments en raison d'un problème professionnel et plus précisément d'acharnements d'un supérieur.

Je ne connaissais pas ce milieu psychiatrique qui est vraiment différent d'un hopital dit normal.

Dites vous bien que ca peut vous arriver ou bien à quelqu'un de votre entourage, quelqu'un qui vous est cher, etc...

Je l'ai vécu comme une épreuve supplémentaire, c'est un milieu avec ses codes tant du côté des patients que des professionnels de santé.

Tout d'abord, vous êtes "harcelé" de questions par le psychiatre comme si vous avez envie d'y répondre après une tentative murement réfléchie. Il veut tout savoir, comme dirait ma grand mère, sans vouloir payer l'addition. Et croyez moi, ils interrogent l'entourage, une vraie inquisition  et très rapidement le psychiatre vous classe dans une catégorie : personnalité d'allure........ allez sur internet et faites des recherches, vous y trouverez différentes classifications.

Ce premier contact avec le milieu psychiatrique fut pour moi une claque, je me demandais où j'avais attéri. Le courant n'est pas passé avec le jeune psychiatre qui manquait d'humanité, les entretiens étaient tendus. Je fus surpris par la prise de note du psychiatre, il écrit et n'arrête pas d'écrire. Connaissant bien les textes régissant les droits du patient, je lui ai fait remarquer que je demanderai une copie de mon dossier médical.

Ce dossier médical, je l'ai demandé, très exactement, 27 mois après l'hospitalisation. Un an après cette hospitalisation,j'ai pris connaissance d'un courrier du psychiatre adressé à mon médecin traitant. Quelle ne fut pas ma surprise. Déjà de constater qu'il avait écrit à mon insu, sans m'en parler, sans m'en avoir demandé l'autorisation. Quant au contenu, une description, un diagnostic négatif du patient que je suis.

C'est cette raison qui m'amène aujourd'hui à créer un blog sur le milieu psychiatrique où j'invite tant les patients que les professionnels à s'y exprimer positivement ou négativement. Je pense que des patients ont sûrment vécu plus positivement que moi un séjour en milieu de santé mentale.

Régulièrement, j'alimenterai le blog et en dirai un peu plus sur mon hospitalisation, et sur l'après hospitalisation ainsi que sur le milieu professionnel 

 

par brice publié dans : journal intime
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Mardi 15 janvier 2008

Depuis 1976 que je bosse, j'ai trouvé du plaisir, de la satisfaction dans ma vie professionnelle mais dernièrement j'en ai aussi souffert. En 32 ans le milieu du travail a changé, évolué. De nos jours, on n'entend parler à longueur de journée que d' objectifs, de résultats, de production, de rendements, de management, etc... Quitte à choquer certains internautes, ces mots ne veulent pas dire grand chose si ce n'est que le salarié doit être porformant, travailler toujours plus avec moins de moyens, des salaires de misère. L'exploitation des salariés n'a jamais été aussi présente dans les entreprises depuis quelques années.

En 2005, j'ai connu la souffrance au travail et 8 mois avant ma tentative de suicide, j'en ai parlé autour de moi, du moins dans mon entourage professionnel mais jamais dans ma famille. J'en ai parlé et alerté le médecin du travail, mon organisation syndicale mais comme ça continuait j'ai dû aussi alerter le CHSCT et l'Inspecteur du travail. Malgré les interventions des uns et des autres, le conflit s'accentuait, je ne dormais plus, je pleurais, j'avais de fortes angoisses, des migraines,  un sacré mal de dos,des cauchemars, des idées noires, j'étais très fatigué, triste, je n'arrivais plus à me concentrer et j'avais des pertes de mémoire. 6 mois avant ma tentative, j'ai commencé à voir un psychiatre mais cela a tellement été dur que j'ai craqué, je ne voyais plus le bout du tunnel. 2 mois avant mon acte, je l'avais dit oralement mais aussi par écrit que j'allais mettre fin à mes jours car je souffrais vraiment. Cette souffrance m'a épuisé, je ne suis plus capable de travailler et j'en suis conscient et croyez moi cela fait aussi mal.  

Je vous recommande deux ouvrages de Christophe Dejours - souffrance en france, édition du seuil et Travail, usure mentale, édition Bayard

Sur internet, il existe un site sérieux  Capital-Santé  http://www.capital-sante.fr où vous pouvez évaluer votre niveau de stress  http://www.stressaudit.com/stressaudit_demo/visite/accueil.asp

Voir aussi le cabinet conseil Stimulus  http://www.stimulus-conseil.com


 

 
par brice publié dans : journal intime
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Dimanche 13 janvier 2008

A travers ce billet, je lance un appel aux ex-patients, patients hospotalisés en milieu psychiatrique ou suivis à l'extérieur dans le public ou privé par un psychiatre ainsi qu'au personnel médical (psychiatres, infirmiers, aide-soignants, personnel de service, psychologues, etc...). Je vous invite à donner votre avis sur le milieu psychiatrice. Internet est un bon moyen de porter au plus grand nombre des informations et de plus, à travers un blog, c'est anonyme. Lancez-vous, écrivez, racontez. . On dirait, vous les professionnels de la santé en milieu psychiatrique, que vous avez "des choses à cacher", vous avez beaucoup de mal à communiquer avec la population. Faites SVP un travail de vulgarisation sur la psychiatrie, quand on veut, on peut. Force est de constater que ce sont beaucoup plus les patients qui parlent du milieu psychiatrique que les professionnels qui y travaillent.

Après 27 mois, je me pose toujours la question des buts, objectifs et limites de la psychiatrie. Je parle pour le sujet d'une tentative de suicide et d'une dépression sévère. Les antidépresseurs ont, selon moi, un effet suspensif et non curatif de la maladie dépressive.

Selon moi, l'hopital sert à protéger le patient qui vient de faire une tentative et pour les professionnels de santé de savoir la motivation du geste, les causes. Quant au patient, ça peut lui aider à parler, à mettre des mots sur sa souffrance. Pour moi, ça reste tout de même une inquisition et je dirais pour provoquer, en quoi ça vous regarde les professionnels de la santé. J'attends vos points de vue.

Quant au suivi avec un psychiatre, un psychologue, parler peut faire du bien sur le moment mais dès qu'on rentre chez soi, à son boulot, la vie reprend le dessus.

Quitte à me répéter ce que j'ai déjà dit plusieurs fois dans mes billets, lors des entretiens avec le psychiatre y compris les entretiens avec le psychologue, ce sont toutes les notes que vous prenez par écrit  au cours de l'entretien sur le patient. Expliquez simplement pourquoi vous le faites et dans quel but ? J'estime qu'écrire et ne rien dire au patient, c'est un manque d'éthique et de respect . Il me semble qu'en fin d'entretien, le psychiatre ou le psychologue pourrait simplement et brièvement faire une synthèse de ses écrits, de ce qu'il en retire, en pense au patient. On va me répondre : vous pouvez avoir accès à votre dossier médical. Si cela est vrai, combien de patients le font et de plus, ce n'est pas du tout évident  de comprendre votre langage et votre écriture souvent de "chat". Oui vous écrivez mal, très mal. 

le site de psycom 75 où on trouve une info sur une campagne consacrée à la santé mentale  

http://www.psycom75.org/htmetphp/pageAccueil.php 

http://psydoc-fr.broca.inserm.fr:16080/bibliothq/sallelec/Itindeprimes/   (dépression : itinéraire des déprimés) 

la psychiatrie en souffrance http://infosnews89.blogspirit.com/archive/2007/10/09/la-psychiatrie-en-souffrance.html 

cure thermale pour la dépression http://www.medecines-douces.com/impatient/276mar01/interv2.htm

par brice publié dans : journal intime
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Jeudi 10 janvier 2008
Pour en revenir à l'hôpital où j'y ai passé 7 jours, des ateliers nous étaient proposés (relaxation, gym, peinture, travaux manuels, etc...) . Pour y participer, le psychiatre devait donner son accord. Une fois par semaine, cet hopital proposait, par unité de vie, une rencontre personnel médical et de service et patients où ces derniers pouvaient faire part de leurs doléances, remarques.
Toujours dans cet hôpital, j'ai bien apprécié la présence deux élèves-infirmières, leur sérénité, leur gentilesse.
Quant au personnel médical titulaire, celui dont je parlais dans un précédent billet,, je ne renie pas qu'ils aient des problèmes et surtout celui d'un manque d'effectif. Je dis tout simplement qu'ils doivent "se battre", se mettre en grève, mener une action forte dans le temps.
S'il est vrai qu'une hospitalisation en milieu psychiatrique est  une période traumatisante, agressive, c'est aussi une leçon de vie. On y trouve plus malheureux que soi tant sur le plan financier que sentimental, travail, etc.... Leur présence interpelle notre conscience, quand j'y repense, j'en ai des frissons, parfois des larmes.
J'ai pu constater que le statut de malade, de patient est considéré comme ignorant en milieu psychiatrique. Et  vous lecteurs, internautes, professionnels de la  santé, qu'en pensez-vous ? Un soignant ne peut pas aider un patient sans tenir compte de son avis, de ses besoins, son histoire. L'un ne ferait que donner, l'autre ne ferait que recevoir ???
J'ai trouvé dans le livre 'humanitude" d'Yves Geneste et Jérôle Pélissier, Ed Armand Colin un passage intéressant, qui selon moi, s'applique à tout établissement hospitalier, public ou privé. Il est écrit, dans ce livre, page 155 " A chaque fois que nous avons vu des soignants communiquer et échanger, par la parole, les regards ou les gestes, nous avons vu des personnes malades communiquant et échangeant avec eux.  A chaque fois que nous avons  vu des soignants donner aux personnes malades la possibilité d'agir et d'influer sur leur milieu, nous avons vu des personnes malades agissant et influant sur leur milieu. A chaque fois que nous avons vu des personnes malades éprouvant du bien-être et du plaisir lors des soins, nous avons vu également des soignants éprouvant du plaisir à prendre soin. A chaque fois que nous avons vu des personnes malades ressentant positivement leur environnement de vie, nous avons vu des soignants ressentant positivement leur environnement de travail"
par brice publié dans : journal intime
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Lundi 7 janvier 2008

Je reste convaincu, qu'en milieu psychiatrique, le personnel médical, doit parler de leur métier, de leur ressenti, de leurs émotions aux patients. Ce n'est pas de la faiblesse mais de l'humanitude.

D'après ce que j'au pu lire (je lis beaucoup), entendu à la télévision, le personnel médical a toujours en lui un héritage de la profession (les premières religieuses soignantes et qui ont été données en modèle).

Il faut savoir que pour la formation des soignants, il y a encore 10 ans, on présentait un portrait robot du patient, décrit comme inactif, passif, dépendant, devant être soumis et obéissant.

Si un jour vous êtes hospitalisé et que vous en avez le courage, dites aux infirmiers(ères)  ou même avant, lors de l'entretien avec le médecin, que vous n'accepeterez pas n'importe quel acte médical, par exemple, que vous refusez le traitement de la phlébite par piqure (de plus en plus des hopitaux, par mesure préventif, font quotidiennement, pour quasiment toute hospitalisation, cet acte), sachez qu'on peut aussi le prendre par voie orale, vous serez étonné de la réponse du médecin ou de l'infirmier.

On ne peut pas aider un patient sans tenir compte de son avis, de ses besoins, de son histoire, ses habitudes, son environnement.

Malgré mes recherches, je n'ai pas encore trouvé un ouvrage intéressant sur les soins en milieu psychiatrique. Aussi je vous livre le titre d'un livre consacré aux personnes âgées "L'humanitude" Comprendre la vieillesse, prendre soin des Hommes vieux d'Yves Gineste et Jérôme Pélissier Ed Armand Collin. C'est une approche très respectueuse de la personne âgée.

Je vous livre aussi 2 sites internet sur ce sujet

http://www.agevillage.com (bien veillir et accompagner le grand âge)

http://www.cec-formation.net  (site de l'humanitude dans le soin, site de Yves Gineste et Rosette Marescotti 

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/hospitalisation-psychiatrie/hospitalisation-psychiatrique.htm  

Charte de l'usager en santé mentale  http://www.serpsy.org/psy_levons_voile/droit/charte_usager.html 
FNAPSY (fédération nationale  des associations d'usagers en Psychiatrie  http://www.fnapsy.org/ 

J'ai beaucoup apprécié un blog, un journal intime  de Bambou (une agoraphobe, c'est une peur de la foule)  http://agoraphobia.over-blog.net/article-6059800.html 

un blog "couleurs de la vie" qui mérite d'être visité et de prendre le temps de lire les articles http://couleurs-de-la-vie.blog4ever.com/blog/index-69322.html

 

par brice publié dans : journal intime
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Lundi 7 janvier 2008

Une hospitalisation en milieu psychiatrique reste marquante, angoissante, agressive. 27 mois après, je me rappelle bien de mon séjour. J'étais angoissé, non pas de mon acte suicidaire, mais par les conditions d'hospitalisation (liberté de déplacement très limitée y compris celle de dire, de faire, de parler). Le patient est observé et c'est cela qui m'a en fait relativement perturbé, gêné. Toutes les manières de regarder, de parler, d'être regardé, de me parler, de nous (les patients) parler sont des communications qui permettent ou pas l'établissement de la relation. On éprouve de la méfiance, de l'antipathie lorsque un ou des professionnels de santé vous regarde de loin, de haut, de manière fuyante. Dans l'hopital où j'ai séjourné 7 jours, je fus marquer comme d'autres patients par les infirmiers qui restaient dans "leur tour d'ivoire", un bureau vitré.  Seule une infirmière venait fréquemment au contact des patients et prenait surtout le temps de discuter avec chacun d'eux. Elle avait des questions pertinentes que j'appréciais, invitant le patient à réfléchir sur tel ou tel point. Quant aux médecins, ils ne franchissaient jamais le réfectoire et la salle de télévision, c'est toujours un personnel médical qui venait nous chercher pour l'entretien. Les infirmiers comme les médecins ont surement des raisons par rapport à ce que je décris, mais la moindre des choses, c'est qu'ils l'expliquent, le disent simplement, modestement. Un patient en milieu psychiatrique reste un être humain.

Je reste perplexe quant à la démarche thérapeutique par la parole avec un psychiatre, un psychologue. Tout d'abord, il me semble que pour beaucoup de patients (je peux me tromper), on est méfiant du psychiatre d'autant plus qu'il n'explique pas son rôle, son champ d'intervention. On sait tout simplement qu'il est psychiatre. J'ai pu me rendre compte en observant, en parlant avec les autres patients du pouvoir qu'à le psychiatre "entre ses mains". Il peut à tout moment durcir l'hospitalisation, par exemple, passer du statut de malade hospitalisé librement à malade hospitalisé sous contrainte. J'ai aussi été surpris par le nombre de personnes mises sous tutelle.

Moins on en dit, mieux c'est pour le malade. Du moins, c'est ce que j'en retire car comme je le disais déjà dans un de mes précédents billets, tout est observé, analysé, marqué dans le dossier médical.

Par rapport à d'autres patients, j'avais la chance d'avoir une visite quotidienne de ma femme, rare lien avec le monde extérieur.

http://www.psychologue.fr/therapie.php  Sur le site Psychologue.fr, un psychologue, Sébastien Nocilas, décrit, suite aux nombreuses questions de des patients, le rôle d'un psychologue, d'un psychiatre, d'un psychotérapeute, d'un psychanalyste

 "informer le patient en psychiatrie"  http://books.google.com/books?hl=fr&id=McddBXwWjfsC&dq=informer+le+patient+role+de+chaque+intervenant&printsec=frontcover&source=web&ots=vPgbSJDtiv&sig=1t7kTP0Jw91dNPur2plkpjyPkiw

 

par brice publié dans : journal intime
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Lundi 7 janvier 2008

Dans un premier temps, j'ai été hospitalisé au CAC (centre d'accueil et de crise) pour une durée de trois jours et ensuite j'ai été transféré pour 7 jours dans un autre hopital, plus près de mon domicile.

Je vous invite, pour toute hospitalisation, que ce soit ou pas en psychiatrie, à demander la consultation ou l'envoi à votre domicile du dossier médical. Concernant le mien, j'en ai été surpris (pire que les renseignements généraux). Le psychiatre y met son diagnostic, votre comportement, etc.... La moindre des choses,  tout patient devrait être informé dès son arrivée que des informations vont êtres retranscrites dans le dossier médical et qu'il a la possibilité de le consulter. Par ailleurs, au cours de l'hospitalisation, le psychiatre devrait dire de vive voix au patient son diagnostic et non pas l'apprendre plus tard par écrit. Quel manque d'humanité, de savoir vivre, de professionnalisme.

La prise de médicaments, devant le personnel médical (2 à 3) ainsi que devant les autres patients est humiliant (une file d'attente se formait pour la prise de médicaments). Je n'ai pas non plus apprécié l'intrusion d'un infirmier lors de ma douche, il n'avait pas à rentrer sans frapper et me le demander.

Lorsque le patient téléphone, le personnel écoute votre conversation.

J'ai vécu cette hospitalisation de 3 jours au CAC traumatisante, agressive avec du zèle de certains professionnels de la santé, ils faisaient sentir leur supériorité, leur savoir.

Issu du milieu syndical et associatif (surtout défense des consommateurs, connaissance du droit), certains professionnels de la santé du CAC n'appréciaient pas beaucoup mes questions, mes interrogations, mon point de vue.

Me voilà arrivé en fin d'après midi dans un autre hopital, près de mon domicile. De vieux locaux à l'architecture d'une caserne de l'armée.

J'étais dans un pavillon avec des malades en cure de désintoxication d'alcool, de drogue, dépressifs, et pour 3 qui étaient là depuis des années. La plupart était sous tutelle. Dès le premier soir, il a fallu que ça tombe sur moi, la date de certains ingrédients était périmée depuis plusieurs jours, pour certains plusieurs semaines. Dès le lendemain, j'en ai parlé au psychiatre et je dois reconnaître son efficacité. Dès 9H00 jusqu'à 18h30, les chambres étaient fermées et ce pavillon n'ayant pas de salle de repos, seulement une salle de télévision, pour ceux qui avaient besoin d'un moment de repos, de sieste, c'était folklorique. Croyez-moi ou pas, certains dormaient à même le sol, sur du carrelage. Quelle honte. J'en ai fait une remarque écrite à la commission  des relations avec les usagers et cette dernière m'a dit que depuis l'hopital avait aménagé une pièce supplémentaire de repos avec un fond de musique relaxant.

Quant au psychiatre de cet hopital, le courant passe bien, c'est une docteresse. Le seul point noir, gênant, au cours des entretiens, du personnel médical assiste, ce qui fait que le malade se trouve en face de 4 à 5 personnes, je n'en vois pas l'utilité et si je devais être dans l'avenir réhospitalisé, je serai ferme sur ce point interdisant plus de 2 personnes, psychiatre compris.

 

par brice publié dans : journal intime
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